dimanche 25 août 2013

Préparons les élections municipales.

Les prochaines élections municipales auront lieu en mars 2014. Les propositions de candidatures, dans quelques grandes villes, ont déjà fait l'objet de débats, ou de primaires. Dans les petites communes, même si les enjeux sont moindres, les listes se constituent tranquillement. Je profite de cette occasion pour rappeler quelques éléments qui vont avoir, ces prochains mois, toute leur importance.
Généralités.
Dans les communes, l’État ne délègue pas de représentants dotés de compétences générales, comme les préfets dans les départements et les régions.
Le maire bénéficie d’une « double casquette » : il est à la fois agent de l’État et agent de la commune en tant que collectivité territoriale.
Le maire est élu par le conseil municipal au scrutin secret lors de la première réunion du conseil suivant les élections municipales.
En tant qu’agent de l’État :
Sous l’autorité du préfet, le maire remplit des fonctions administratives dont notamment :
  • la publication des lois et règlements ;
  • l’organisation des élections ;
  • la légalisation des signatures.
  • Le maire est chargé, sous l’autorité du représentant de l’État dans le département, de l’exécution des mesures de sûreté générale et des fonctions spéciales qui lui sont attribuées par les lois, par exemple de l’application de la loi no 79-1150 du 29 décembre 1979 sur la publicité, les enseignes.
  • En cas d’urgence, ou pour renforcer dans un but d’ordre public local, la mesure prise par l’autorité supérieure en matière de police, le maire peut être appelé à intervenir au titre de son pouvoir de police administrative générale, en complément des polices spéciales étatiques (par exemple la police spéciale des monuments historiques et des sites naturels).
  • Il exerce aussi des fonctions dans le domaine judiciaire sous l’autorité du procureur de la République : il est officier d'état civil et célèbre par exemple les mariages civils et officier de police judiciaire.
    À ce titre, il concourt par son pouvoir de police à l'exercice des missions de sécurité publique.
    Il peut, en particulier sur les instructions du procureur de la République ou du juge d'instruction, être amené à diligenter des enquêtes sur la personnalité des personnes poursuivies ainsi que sur leur situation matérielle, familiale ou sociale.
    En pratique, ces missions sont surtout confiées aux maires des communes où il n’existe pas d’autres officiers de police judiciaire.
  • Le maire dispose également d'une fonction judiciaire civile, qui lui confère le droit de recevoir des actes authentiques au nom de la République française.
En tant qu’agent exécutif de la commune :
  • Le maire est chargé de l’exécution des décisions du conseil municipal et agit sous contrôle de ce dernier. Il représente la commune en justice, passe les marchés, signe des contrats, prépare le budget, gère le patrimoine communal.
  • Il exerce des compétences déléguées par le conseil municipal et doit alors lui rendre compte de ses actes. Les délégations portent sur des domaines très divers (affectation des propriétés communales, réalisation des emprunts, création de classes dans les écoles, action en justice...) et sont révocables à tout moment. La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales autorise le maire à subdéléguer, à un adjoint ou un conseiller municipal, les attributions qui lui ont été confiées par délégation.
  • Le maire est titulaire de pouvoirs propres. En matière de police administrative, il est chargé de maintenir l’ordre public, défini dans le Code général des collectivités territoriales comme le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Il s’agit également de polices spéciales (baignade, circulation…).
Le maire est aussi le chef de l’administration communale. Il est le supérieur hiérarchique des agents de la commune et dispose d’un pouvoir d’organisation des services.
(sources : viepublique.fr et wikipédia)
Questions d'actualité.
Notre pays a été, durant les premiers mois de l'année, secoué par une tornade médiatique qui a eu pour centre « le mariage pour tous ». Les manifestations se sont multipliées, les argumentaires, parfois stupides ont monopolisé les unes de la presse, et les choses ont fini par se tasser : la lassitude, les vacances ou le désintéressement de la quasi totalité des français y est sans doute pour quelque chose. Cette levée de bouclier, que quelques hystériques ont voulu désigner par « printemps français » n'était rien d'autre qu'une tempête dans un verre d'eau. Quelques maires, de-ci de-là, sont quand même parvenus à faire parler d'eux, et pas nécessairement en bien. Sans doute voulaient-ils préparer leur future campagne en se mettant au diapason de leur électorat, toujours prêts et prompt à retourner leur veste en cas de besoin.
Même si, à l'origine, le débat avait pour thème le mariage entre personnes du même sexe, il est rapidement devenu un problème d'éthique, de procédure, de morale, de conscience ou d'honneur, comme je l'ai lu sur le site du prétendant au trône de France, qui ne touchait plus que les maires. Les mariés, pour l'occasion, passaient au second plan.
L'article suivant est signé Elie Geffray, Prêtre et maire d'Éréac (Côtes d'Armor) :
« Mariage gay : en célébrer à l’église n’aurait rien de choquant
La clause de conscience évoquée par certains maires n’est pas recevable. Un édile doit faire respecter les lois de la République. La loi sur le « Mariage pour tous » a été votée par un Parlement démocratiquement élu, validée par le Conseil constitutionnel et promulguée par le président de la République. Celle-ci s’impose à chacun.
Un maire ne doit pas faire intervenir ses opinions personnelles religieuses ou éthiques dans l’exercice de ses fonctions, en particulier en matière d’Etat civil. Il s’agit d’un représentant de l’Etat. Introduire une telle clause pour les mariages entre personnes de même sexe pourrait entraîner certaines dérives. Demain, pourquoi un maire musulman ne ferait-il pas jouer la clause de conscience pour ne pas servir de porc dans les cantines scolaires, par exemple. On peut trouver toutes sortes de prétextes pour faire jouer une clause de conscience.
Comparer clause de conscience des médecins et mariage homosexuel est aberrant
Cette clause ne peut jouer que pour des raisons éthiques qui engagent l’intéressé de façon personnelle. Or, lorsque nous sommes officiers d’Etat civil, nous ne sommes en aucun cas engagés par notre éthique personnelle. Comparer la clause de conscience des médecins sur l’IVG et le mariage homosexuel est aberrant.
En tant que membre du conseil presbytéral du diocèse et homme d’Eglise, je m’interroge sur la situation paradoxale dans laquelle se trouve l’Eglise après l’adoption du mariage homosexuel. La République française est dorénavant moins excluante que l’Eglise catholique. Pourtant, à mon sens, une lecture de l’évangile ne permet pas d’exclure qui que ce soit en raison de son appartenance sociale, de son ethnie ou de son orientation sexuelle. En ce sens, je ne serai pas choqué que des mariages entre personnes de même sexe puissent être célébrés à l’église. »
Celui-ci est signé par Noël Mamère, Député EELV et maire de Bègles :
« Les maires refusant de célébrer les mariages seront suspendus de leur fonction, comme je l'ai été en 2004
Les maires refusant de célébrer les mariages homosexuels seront soumis à la même sanction que j'ai subi lorsque moi, j'ai ouvert les droits. Puisque j'ai été sanctionné par M. de Villepin Premier ministre, en étant suspendu de mes fonctions de maire, le 5 juin 2004, parce que j'avais ouvert des droits. Donc ceux qui ne veulent pas accepter cette idée très démocratique et républicaine selon laquelle on ouvre des droits, et qui ne veulent pas le faire, seront suspendus de leur fonction, comme je l'ai été. Moi, j'ai pris le risque et je l'ai assumé. Je n'étais pas dans la posture d'un maire qui refusait d'appliquer la loi, j'ai essayé de la précéder. »
Ce dernier article, qui pourra servir de conclusion, est signé par Arnaud Julien, Président du comité départemental UMP de l'Hérault :
« Les maires ne devraient pas refuser de célébrer des mariages homosexuels. Ils sont là pour appliquer la loi républicaine. Bien sûr, il y a des cas de conscience, mais cela me semble très difficile de ne pas appliquer la loi. »
Pour prendre connaissance de l'intégralité des articles relatifs au sujet ci-dessus, vous pouvez vous rendre à la page suivante : http://www.newsring.fr/societe/1463-mariage-gay-les-maires-peuvent-ils-refuser-de-le-celebrer 
Les autres obligations du maire.
L'élection des sénateurs.
Les prochaines élections sénatoriales françaises se dérouleront en septembre 2014.
Ces élections permettront d'élire les 178 sénateurs de la nouvelle série 2 (fin des mandats de 10 ans de certains sénateurs de l'ancienne série C élus en 2004 et des mandats de 6 ans des sénateurs de l'ancienne série A élus en 2008).
Sur les 178 sénateurs à renouveler, il y a quatre-vingt-seize sénateurs de droite et quatre-vingt-deux sénateurs de gauche. La droite doit conserver tout ses sièges et en prendre quatre supplémentaires à la gauche pour faire basculer la haute-assemblée. Confrontée à une forte impopularité, la majorité présidentielle craint de perdre le Sénat. Le report des cantonales et des régionales à 2015 est perçu par l'opposition sénatoriale comme une manœuvre destiné à ce que le corps électoral soit plus favorable à la gauche.
Sur la carte, les départements de couleur grise sont concernés par le renouvellement de 2014 (série 2)
Les sénateurs sont élus dans chaque département par un collège électoral composé :
  1. des députés et des sénateurs ;
  2. des conseillers régionaux de la section départementale correspondant au département (selon les cas : conseillers de l’Assemblée de Corse, conseillers à l’assemblée de Guyane, conseillers à l’assemblée de Martinique) ;
  3. des conseillers généraux ;
  4. des délégués des conseils municipaux ou des suppléants de ces délégués.
  • Les conseils municipaux élisent parmi leurs membres dans les communes de moins de 9000 habitants :
  • 1 délégué pour les conseils municipaux de 9 et 11 membres ;
  • 3 délégués pour les conseils municipaux de 15 membres ;
  • 5 délégués pour les conseils municipaux de 19 membres ;
  • 7 délégués pour les conseils municipaux de 23 membres ;
  • 15 délégués pour les conseils municipaux de 27 et 29 membres.
  • Dans les communes de 9 000 habitants et plus, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. En outre, dans les communes de plus de 30 000 habitants, les conseils municipaux élisent des délégués supplémentaires à raison de 1 pour 800 habitants en sus de 30 000. En pratique, les délégués supplémentaires sont souvent des permanents des partis politiques, des collaborateurs des élus, des parents ou des amis.
Il est inutile de préciser que les élections municipales de 2014 auront une grande influence sur les sénatoriales qui se dérouleront quelques mois plus tard.
Le parrainage des candidats à l'élection présidentielle.
Seuls les élus peuvent apporter leur soutien à une candidature, c'est-à-dire les maires (il y a 36 000 communes en France), mais aussi les députés, les sénateurs, les parlementaires européens, les conseillers régionaux et généraux ainsi que des membres de l'Assemblée corse et des Assemblées d'outre-mer.
Au total, il y a donc potentiellement plus de 47 000 élus qui peuvent signer. D'un point de vue statistique, avec le nombre d'élus et la règle géographique des parrainages, il ne peut y avoir théoriquement que 80 candidats. Mais ce chiffre est purement théorique puisque la plupart des élus refusent d'apporter leur soutien à un quelconque candidat.
La carte ci-dessus indique le seul parrainage d'un élu de la région de Caudebec en Caux : il s'agit de celui du Maire de Vatteville la Rue. Madame le Maire de Saint-Wandrille, comme nombre de ses collègues n'a souhaité parrainer aucun candidat, pas même un de ce que la presse appelait « les petits candidats ».

dimanche 7 juillet 2013

La mariage pour tous - acte 2.

« Il vous faut prendre conscience de ce que vous avez envie d'entendre et qui n'est pas toujours ce que l'autre a envie de vous dire. »
(Catherine Bensaid)

« L'avantage de ne connaître rien à rien c'est qu'on peut parler de tout avec une égale inconscience. »

(Philippe Bouvard.)
Il faut croire que l'actualité est à ce point pauvre que les sujets de conversation dans les salons mondains, aristocratiques et poussiéreux tournent autour du même sujet depuis quelques mois. Le mariage pour tous fait parler les bavards, provoque des exégèses à n'en plus finir et donne lieu à toute une série de commentaires tous plus grotesques les uns que les autres. Monsieur tout le monde (pour ne pas utiliser l'expression un tantinet péjorative de « français moyen ») aurait pu croire que, une fois la loi votée, les esprits s'apaiseraient et les polémiques stériles s'effondreraient comme un soufflet façonné par une piètre ménagère. Il n'en est rien. La seule intelligence qui ait pu être détectée dans ce déferlement de sornettes provient de Frigide Barjot le jour où elle a décidé de se taire. Sinon, ailleurs, on continue de débloquer.
La France, prétend-on à qui veut bien l'entendre, est une république démocratique : le fait qu'il y ait des élections à intervalles réguliers suffit à le justifier. Même si des articles de presse assez nombreux démontrent qu'en fait, la France « est la dernière monarchie d'Europe », Monsieur tout le monde, toujours lui, est persuadé depuis qu'il est tout petit, dès l'école primaire, que la République est le meilleur des systèmes politiques et que la démocratie à la française est représentative. La classe politique, qui aurait trop à perdre si la population venait à ne plus croire ce gros mensonge, utilise toutes les ruses possibles et imaginables pour entretenir ce mythe. Il existe pourtant des principes plus démocratiques, dans lesquels le peuple ne se contente pas de délivrer des mandats électoraux (sorte de blanc seing pour se faire plumer), et véritablement républicains, mais ces messieurs, ci-devant élus et représentants de la Nation n'en veulent pas. Pas assez lucratifs ?
Plusieurs personnes pourraient présenter un nouveau projet de république, non pas une sixième ou une nouvelle mouture hypocrite de la cinquième, mais l'instauration de la République, laïque, sociale et véritablement démocratique où tout citoyen, quelles que soient ses idées, opinions, religion ou origines, pourrait s'exprimer et s'impliquer dans l'élaboration de la loi. Les personnes auxquelles je pense ont l'avantage d'avoir hérité de plusieurs siècles d'histoire de France, ce qui, paradoxalement, est également leur inconvénient. Sans doute, recourir à un Bonaparte, actuellement Prince Napoléon, à un Bourbon descendant de Louis XIV, même s'il est franco-espagnol, ou à Henri d'Orléans, héritier de Henri IV, Charles X et Louis-Philippe, pour incarner cette nouvelle république paraîtra étrange, anachronique voire « contre-nature » pourtant les français auraient bien besoin que quelqu'un se penche enfin sur leur sort.
Un Bonaparte ou un Prince Napoléon ?
« Jean-Christophe Napoléon, « prince Napoléon», né le 11 juillet 1986 à Saint-Raphaël (France), est un membre de la maison impériale de France. Il est l’actuel prétendant au trône impérial français. Il a étudié au collège et lycée Saint-Dominique à Neuilly-sur-Seine, puis à l’Institut privé de préparation aux études supérieures (IPESUP) de Paris. Diplômé de HEC Paris, Jean-Christophe Napoléon travaille aujourd’hui à New York, depuis 2011, comme conseiller à la banque d’affaires Morgan Stanley. Malgré cette distance provisoire, entre lui et son pays natal, il « pense avoir un devoir d’engagement et de dévouement au service de la France. » Il souhaite « être un prince proche des préoccupations générales des Français, défendre une cause d’intérêt général, présenter des idées et les défendre, et contribuer à la promotion de notre patrimoine dans le monde ».
(Source : Wikipédia)
Déclaration de Louis de Bourbon, duc d'Anjou et de Cadix (alias Louis XX) :
« La question institutionnelle n'a jamais été plus actuelle. Elle constitue un enjeu politique de première importance et tous les Français doivent souhaiter qu'elle soit publiquement débattue, pour ne pas laisser à d'illégitimes oligarchies le soin de trancher pour nous la question de notre avenir national.
Il n'appartient évidemment pas à l'aîné des Capétiens de résoudre seul cette difficile question institutionnelle. Mais il ne m'est pas interdit de regarder avec sympathie et intérêt le développement de ces discussions au sein de la société française. Et il est de mon devoir de rappeler à tous les Français de bonne volonté, après tous mes prédécesseurs, ce que mon regretté père appelait les « vieilles recettes » de la royauté capétienne.
Pas plus que vous, je ne sais ce qui viendra « après la Ve République ». Ce que je sais, en revanche, c'est qu'aucun régime ne pourra durablement s'implanter en France s'il cherche à dresser une France contre l'autre ; à occulter le glorieux passé de notre patrie ; ou à conférer, plus ou moins discrètement, le pouvoir à une petite caste de privilégiés.
En réfléchissant à notre avenir commun, il est sage d'écouter les leçons de notre passé. »
Lorsque le descendant du Roi Louis-Philippe, Henri d'Orléans, prétendant au trône, ne cherche pas des noises à son royal cousin espagnol, il diffuse des textes sur son blog dont le nom est évocateur : Maison Royale de France. Le Monsieur tout le monde dont il a été question précédemment, serait en droit d'attendre d'un personnage, qui porte sur ses épaules plus d'un millénaire d'histoire, des propositions sérieuses et réfléchies pour l'avenir de notre pays, des projets de rénovation de la démocratie ou, pourquoi pas, la volonté de sauver la République du marasme qui l'engloutit petit à petit. Eh bien non ! Ce monsieur, qui se dit Duc de France se contente de gloser sur un sujet qui, même s'il ne manque pas d'intérêt, est à des années-lumière des préoccupations de Monsieur tout le monde, à savoir : le chômage, le coût de la vie, la crise économique et l'argent qui lui sera versé lorsqu'il aura fini par atteindre, de plus en plus tard, l'âge de la retraite. Il est question d'honneur, d'honneur perdu et d'un autre à retrouver. Si cela peut faire de bons sujets pour les épreuves du Bac Philo, pourquoi mélanger les notions, certes fort honorables, d'honneur et de conscience à des extraits tirés de La déclaration des droits de l'homme, dont on confond manifestement les versions (celles de 1789 et de 1793) pour sortir les mêmes âneries sur le sujet dont tout le monde s'est désormais lassé : le mariage pour tous.
« La plupart des hommes ne tiennent à l'honneur que pour en couvrir leur malhonnêteté. »
(Louis Dumur, Petits aphorismes sur l'honneur – 1892.)
« L'honneur est la morale de l'égocentrisme. »
(Edgar Morin ; Éthique – 2004.)
« L'honneur défend des actes que la loi tolère. »
(Sénèque)
Je cite trois extraits du dernier billet mis en ligne. (Petite remarque : tout nouvel édito d'Henri d'Orléans chasse l'ancien qui disparaît du site. C'est pourquoi il faut se dépêcher d'aller le lire.)
« L'HONNEUR PERDU des "forces de l'ordre" à qui l'on commande d'arrêter des citoyens qui manifestent pacifiquement leur désapprobation du démantèlement de la famille, alors que l'on laisse plus volontiers courir les violeurs récidivistes, les casseurs et les meurtriers. Ainsi Nicolas ou un Curé sont mis derrière les barreaux pour leurs opinions que leur dicte leur conscience, comme le furent pour ces mêmes motifs tant d'hommes et de femmes sous les régimes dictatoriaux et totalitaires. On efface ainsi avec une serpillière l'Article XIV de la Déclaration des Droits de l'Homme : "Nul ne doit être jugé et puni qu'après avoir été entendu ou légalement appelé..."
L'HONNEUR des familles et des veilleurs se manifeste pacifiquement, partout en France, en dépit des gaz, des matraques, des barreaux de prison. Ils ne lâchent rien poursuivant silencieusement, pacifiquement, joyeusement le combat pour l'honneur, le leur et celui de la France éternelle, contre la mort annoncée de notre civilisation et de notre conscience.
L'HONNEUR de nombre de Maires de France, qui ne veulent pas de cette mascarade de mariage pour tous, alors qu'ils ne sont nullement opposés à une union civile, ni ne sont homophobes. Mais ils ont une conscience et le sens de leurs responsabilités. »
Avant d'éplucher ces quelques phrases, d'en extraire quelques unes des bonnes blagues et d'en démontrer leur mauvaise foi, il y a une question à ce poser : qu'est-ce que l'honneur ? Pour cela, je consulte un dictionnaire en ligne :
Honneur (au singulier) :
  • Principe moral d'action qui porte une personne à avoir une conduite conforme (quant à la probité, à la vertu, au courage) à une norme sociale et qui lui permette de jouir de l'estime d'autrui et de garder le droit à sa dignité morale. Synon. honnêteté.
  • Homme d'honneur. Homme vertueux, probe, intègre, courageux, qui ne transige pas avec les lois les plus strictes de la morale.
  • Bien moral dont jouit une personne dont la conduite (conforme à une norme valorisée socialement) lui confère l'estime des autres et lui permet de garder le sentiment de sa dignité morale.
  • Parole d'honneur. Engagement, promesse auquel on ne peut manquer sans se déshonorer.
  • Considération que l'on accorde à une personne qui s'est distinguée par ses qualités morales, par des actions, des attitudes valorisées socialement.
Honneurs (au pluriel) :
  • Marque de respect, d'estime; manifestation extérieure qui rend témoignage de la considération, de l'admiration qu'on porte à une personne; privilège accordé à quelqu'un pour le distinguer, lui donner des marques de considération.
  • Témoignages, marques de considération, d'estime, rendus à une personne qui s'est distinguée par sa conduite; marques de distinction.
  • Fonctions, titres qui confèrent de l'éclat dans la société.
  • Principales pièces qui servent aux cérémonies, aux sacres des rois, à la célébration des grandes cérémonies.
L'honneur se base sur le respect de règles établies et reconnues par un ensemble de personnes qui les reconnaissent comme valides et qui s'efforcent de les respecter. La définition ne dit pas si le respect de ces règles est individuel ou si les autres doivent obligatoirement s'y conformer. Dans ce cas, il y aurait une sorte de prosélytisme du même type que celui opéré par certaines religions combattues.
Si avoir de l'honneur, c'est défendre un certain nombre de valeurs définies une fois pour toute par une certaine tranche de la population, le fait de défendre des principes différents, même s'ils sont humains, dans la logique de ce siècle, égalitaires et justes, n'aurait donc aucun rapport avec l'honneur. Par conséquent, l'honneur serait une qualité dont seules quelques personnes seraient dotées à l'exclusion de tous les autres.
Pour résumer les propos d'Henri d'Orléans, l'honneur serait du côté de ceux qui sont contre le mariage pour tous et tous les autres, quelles que soient leurs motivations et leurs convictions, n'en auraient point. Or, cette force qui pousse les uns et les autres à défendre leurs idées et opinions ne peut avoir qu'une seule et même origine, encore faut-il admettre qu'elle puisse porter le même nom.
Il y aurait bien une autre explication à cette énigme sémantique :
  • Les manifestants qui défilent contre le mariage pour tous le font par honneur.
  • Ceux qui sont pour l'application de la loi ne sont pas motivés par l'honneur mais par autre chose.
  • Le mariage pour tous a divisé les manifestants en deux camps opposés : les pour et les contre.
  • Les manifestants qui défilent pour le mariage pour tous sont motivés par une valeur contraire à l'honneur.
  • Les antonymes de l'honneur recensés par les différents dictionnaires, sont les suivants : abjection, avilissement, déshonneur, discrédit, flétrissure, honte, humiliation, ignominie, improbité, indignité, infamie, malhonnêteté, moquerie, turpitude.
Il est vrai qu'il est tellement plus facile, plus pratique et plus reposant pour l'intellect de décréter arbitrairement que l'autre a tort puisqu'on a raison, qu'on ne voit pas pourquoi on se gênerait de prendre les partisans du mariage pour tous pour des scélérats et les candidats à ce mariage pour des moins que rien. Mieux, pour démontrer que l'honneur est du bon côté, on n'hésite pas à sortir des arguments qui n'en ont même pas la forme, on invoque une morale dont on ne précise pas la nature et on affirme des choses qui ne reposent sur aucun fait concret. L'idée la plus originale dans cette avalanche de mauvaise foi est d'avoir fait de cette absence d'intelligence une question d'honneur. Cette fantaisie, il fallait oser la trouver et la conjuguer, si l'on peut dire, à toutes les sauces pour en sortir une série de constatations dont certaines sont pour le moins hasardeuses.
Parmi la liste des personnes qui défendent leurs actions avec honneur, figurent des maires et pas n'importe lesquels : ceux qui décident de ne pas faire ce pour quoi ils sont élus, c'est à dire représenter l’État en faisant appliquer les lois de la République. Je veux bien admettre qu'un prétendant au trône, qui continue de véhiculer des remugles vieillots autant que vieillis sur les mérites et les avantages d'une royauté ou d'une monarchie, dont on ne nous dit jamais rien de précis, n'ait pas de véritables attachement pour la République, quelle qu'en soit son acception. De là à trouver honorable de désobéir avec tapage et jusqu'au ridicule, il n'y a qu'un pas qu'il franchit gaiement et sans scrupules. Certes, il existe l'obligation de désobéissance mais ce principe s'applique pour des causes autrement plus graves telles que l'invasion des armées nazies, les lois du gouvernement d'un maréchal sénile ou la dénonciations de familles sous le prétexte qu'elles ne sont pas chrétiennes (voire catholiques). Nombreux sont ceux qui auraient souhaité, à cette époque troublée, voir l'intégralité des maires refuser d'obéir. Il est vrai également qu'on approche des élections municipales et que beaucoup de ces maires préparent leur campagne : il vaut mieux parfois désobéir pour être réélu quitte à retourner sa veste par la suite et marier tout le monde sans se poser de questions existentielles.
Henri d'Orléans reconnaît aux manifestations des opposants au mariage pour tous le caractère pacifique et joyeux. Il aurait pu étendre sa liste d'adjectifs par ceux-ci : serein, convivial, festif ou encore sympathique, populaire et allègre. Si c'est ce qu'il pense, après tout, c'est son droit mais faire passer les participants de ce qu'on voulut appeler le « printemps français » pour des victimes ou des martyres, il ne faut quand même pas exagérer. Un défilé, même silencieux, calme et paisible où les affiches et autres pancartes véhiculent des slogans mensongers, erronés ou hors de propos fait tout autant de dégâts que n'importe quelle émeute. Quand on claironne qu'on veut défendre les enfants (contre quoi déjà?) on ne leur siffle pas des sottises désuètes, rétrogrades et supposées naturelles aux oreilles.
Dans son texte, Henri d'Orléans fait référence à la France éternelle, un concept qu'il se garde de définir, par peur d'effrayer les honnêtes gens, sans doute. Qu'est-ce donc que cette France éternelle ? Un pays idyllique, mythique et immuable qui servirait de référence ou de mètre-étalon pour les valeurs en usage dans notre société ? Une simple expression dans un texte pour évoquer les temps glorieux, heureux et lointains ? Une licence poétique posée là pour rassembler les vilaines brebis égarées, les mécréants et les scélérats qui veulent se marier entre eux ? Où et quand doit-on placer cette France merveilleuse, immuable et éternelle, à supposer qu'on puisse véritablement la localiser quelque part ? La chose n'est pas simple.
  1. La France n'a pas toujours eu les frontières qu'elle a aujourd'hui. Le territoire sur lequel Hugues Capet, Philippe Auguste, Charles VII, Louis XIV, Louis XVI, Napoléon Ier, Napoléon III ou la Troisième République exerçaient leur pouvoir n'était pas le même. Sur un peu plus d'un siècle, L'Algérie a été conquise puis rendue à son peuple, l'Alsace-Lorraine a été annexée à l'Empire allemand avant de redevenir française quant à l'empire colonial, il n'en reste officiellement plus rien (sauf pour Elf, Total, Aréva...). La France éternelle , ce ne peut être cela.
  2. La France a rayonné sur l'Europe avec sa culture, ses artistes et ses penseurs. Je pense à Rabelais, à Montaigne, aux poètes de la pléiade (ils étaient sept, parmi lesquels Ronsard et du Bellay) à Descartes, Racine, Corneille, Molière, Montesquieu, Diderot et d'Alembert, mais aussi à Chateaubriand, Balzac, Flaubert, Prudhon, Zola. A quelle France doit-on rattacher cette France éternelle ? A ce que les historiens appellent « le grand siècle » ou à celui dit « des lumières ». A la France de la Révolution Française, celle du Premier Empire, celle de la Monarchie de Juillet, celle de la révolution industrielle ou celle de la Troisième République ? Ces différentes époques n'avaient pas grand chose à voir les unes avec les autres et les valeurs n'étaient pas forcément les mêmes.
  3. La France éternelle peut enfin être un fantasme, une utopie. Même dans ce cas, je doute que cette France idéale soit conçue dans les mêmes termes par les deux prétendants au trône (les Bourbons et les Orléans), Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Si on les interrogeait sur cette France éternelle, il est assuré que les recettes seraient dans certains cas, contraires.
  4. Il reste une dernière possibilité : la France éternelle est un mythe, un concept, et à ce titre, elle n'existe tout simplement pas. Il n'est déjà pas possible de connaître avec exactitude ce que sont ces sacro-saintes valeurs républicaines que nombre de politiciens brandissent régulièrement alors qu'elles doivent bien correspondre à quelque chose de concret (puisqu'elles sont supposées servir à l'intégration des étrangers dans la Nation française). La France éternelle est une vision de l'esprit tout comme le Jérimadeh de Victor Hugo qui n'a été forgé que pour une rime.
Henri d'Orléans doit aimer les formules toutes faites qui font l'effet d'un pétard (un pétard mouillé) mais ne reposent sur aucune observation tangible ou sérieuse. Il affirme, et il n'est pas le seul, que le mariage pour tous va conduire à ce qu'il appelle le démantèlement de la famille. Creusons un peu ce nouvel épouvantail pour simples d'esprit (à qui les évangiles promettent le royaume des cieux, si je me souviens bien).
Démanteler :
« Détruire ce qui se présente comme un ensemble organisé (fait de parties qui tiennent ensemble comme les moellons d'une muraille) et l'éparpiller. »
Je ferai remarquer, qu'en son temps, le divorce avait fait redouter les mêmes choses. La cellule familiale se scindait, certes, mais pour se reformer autrement. Ce qu'on appelle désormais les familles recomposées sont aujourd'hui très courantes et les enfants qui y sont élevés n'ont pas forcément leurs deux parents sous leur toit. L’Église ne reconnaît toujours pas le divorce mais les juges de la République en prononcent quand même tous les jours. Le principe, quoi qu'on en pense, est entré dans les mœurs.
La famille :
Le mot « famille » peut prendre deux sens différents. Il peut désigner l’ensemble des personnes qui ont des liens de parenté et d’alliances tel que grands-parents, oncles, tantes, cousins. Il désigne aussi un groupe de personnes vivant ensemble dans le même foyer, généralement les parents et les enfants.
Pour les historiens, une famille est un ensemble de personnes ayant un lien de parenté.
Pour les sociologues, ce sont des personnes habitant sous le même toit tel que deux colocataires.
Pour l'INSEE, une famille est la partie d'un ménage comprenant au moins deux personnes et constituée :
  • soit d'un couple vivant au sein du ménage, avec le cas échéant son ou ses enfant(s) appartenant au même ménage ;
  • soit d'un adulte avec son ou ses enfant(s) appartenant au même ménage (famille monoparentale).
Pour qu'une personne soit enfant d'une famille, elle doit être célibataire et ne pas avoir de conjoint ou d'enfant faisant partie du même ménage.
Un ménage peut comprendre zéro, une ou plusieurs familles. »
Le combat pour l'honneur des veilleurs fait encore et toujours référence à ces opposants au mariage pour tous qui sont capables de se mobiliser pour une affaire qui ne les concerne finalement pas. Or, l'être humain, quand il n'est pas le parfait égoïste qui est capable de tout pour satisfaire son propre intérêt, quitte à écraser son voisin, ses collègues et trahir ses amis, s'occupe de son prochain et se mêle, disons-le carrément, de ce qui ne le regarde en rien. Dans ces cas, fort fréquents, il n'hésite pas à vouloir imposer à autrui des modes de vie, des croyances ou des valeurs qu'il ne respecte pas nécessairement lui-même. Il y a pourtant de nombreux autres sujets d'indignation qui devraient faire l'objet de manifestations mais ils n'ont assurément pas la même importance. En vérité, qu'est-ce qu'on en a à faire de tous ces travailleurs qui se retrouvent du jour au lendemain à la rue parce que les usines déménagent en Asie ? Qui se préoccupe des familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, réduites à mendier auprès des services sociaux tandis que les financiers engrangent des profits scandaleux ? Qui s'offusque des mensonges éhontés qu'on fait avaler aux peuples d'Europe pour engraisser les banques ? Là, personne ! S'il y a un combat et un honneur à défendre, il faudra bien que quelqu'un se décide à dire aux veilleurs qu'ils se trompent de cible. Les manifs pour tous ont l'avantage d'occuper les esprits et de distraire les foules : ailleurs, on s'occupe de votre avenir et là, ce ne sera pas la même histoire.
« Nous allons prendre conseil de notre conscience. Elle est là , dans cette valise, tout couverte de toiles d'araignée, On voit bien qu'elle ne nous sert pas souvent. »
(Alfred Jarry)
« La conscience est un bâton que chacun prend pour battre son voisin. »
(Honoré de Balzac)
« Les gens qui ont bonne conscience ont souvent mauvaise mémoire. »
(Jacques Brel)
Le mariage pour tous, qui n'est somme toute qu'une simple formalité légale, un passage d'une dizaine de minutes devant le maire, officier d'état civil, est le prélude à une catastrophe presque galactique digne de la fin des temps et des apocalypses qu'on nous y promet. On essaiera de ne pas rire ou se moquer de la simplicité naïve de la menace qui pèse au-dessus de nos têtes : lorsque deux hommes ou deux femmes voudront signer l'acte par lequel ils fondent une famille, d'un genre nouveau, je le reconnais, la fin du monde sera proche et il faudra se préparer d'une part à la venue de l'Antéchrist et d'autre part à « la mort de notre civilisation et de notre conscience », comme le rapporte le prophète royal d'Orléans. L'annonce de cet événement dont le tragique relève plus du grandguignol que de la possible occurrence, est à ce point grotesque que je ne m'y étendrai pas plus que ça.
  1. Pour ce qui est de la civilisation, l'histoire de l'humanité nous a appris que les civilisations naissaient, croissaient et s'effondraient un jour pour des raisons qui s'expliquaient. Les guerres, l'économie ou la politique ont eu raison des anciens empires tels que l'Egypte, la Perse, Rome, Byzance. Plus près de nous, des événements majeurs ont bouleversé notre quotidien : la Révolution Française, l'industrialisation, les deux guerres mondiales, l'Europe et les crises financières de ces dernières années. L'avenir nous promet encore bien des péripéties et il est probable que l'une d'entre elles viennent de Chine (ce qu'on avait appelé, dans les années 1950, « le péril jaune ». A chacun de ces changements, les habitudes et les valeurs ont changé : l'apparition du Christianisme, l'émergence de l'Islam, la Renaissance et les différentes révolutions, même si elles ont transformé durablement et en profondeur la société n'ont jamais causé sa disparition brutale.
  2. La mort de notre conscience doit être une étape ultime, quelque chose d'encore plus épouvantable que la mort de la civilisation. J'ai eu beau chercher des références historiques, littéraires ou même ésotériques, je n'ai rien trouvé d'autre que des sujets d'intérêt clinique tels que celui-ci : que se passe-t-il après la mort ? Selon l'adage scientifique qui dit que « rien ne se perd et rien ne se crée, tout se transforme » je peux affirmer qu'il y a toujours un après et que les personnes qui vivaient avant seront toujours là. Peut-être auront-elles conservé leurs illusions ou auront-elles choisi de vivre avec leur temps. L'avenir nous le dira.
Le dernier point soulevé par l'extrait du texte d'Henri d'Orléans concerne la conscience et le sens des responsabilités des maires qui refusent d'appliquer la Loi, se situant au dessus de la Nation et de ses représentants. Je vais rappeler ce que signifient les termes de conscience et de responsabilité avant de faire mon commentaire.
Conscience :
  • Propriété particulière de la conscience humaine qui permet à l'homme de porter des jugements normatifs immédiats, fondés sur la distinction du bien et du mal, sur la valeur morale de ses actes; connaissance intuitive, sentiment intime de cette valeur.
  • Affaire de conscience. Problème mettant en jeu la conscience morale parce qu'il implique, pour que soit préservée la paix de la conscience, le besoin et la nécessité, malgré certaines difficultés, de se conformer à une obligation morale.
  • Bonne conscience. Conscience satisfaite de l'homme qui a le sentiment d'agir conformément aux valeurs morales et de n'avoir aucun reproche à se faire.
  • Se donner bonne conscience. Trouver les accommodements et l'indulgence nécessaires vis-à-vis de soi-même pour avoir à moindre frais le sentiment de s'acquitter de ses obligations morales et de n'avoir rien à se reprocher.
  • Liberté de conscience. Liberté laissée à chacun, en particulier par les pouvoirs publics, de juger des doctrines, religieuse et philosophique notamment, qui lui conviennent, accompagnée de la liberté d'y conformer sa vie.
  • Vendre sa conscience. Abandonner à d'autres personnes, en échange de certains avantages, son pouvoir et son droit de juger par soi-même et de se déterminer librement.
  • Objection de conscience. Action d'objecter des devoirs supérieurs d'ordre religieux, ou simplement moral, pour refuser d'accomplir une obligation légale. Refus d'accomplir ses obligations militaires au nom de la religion, ou de la morale, qui condamne la violence et le fait de tuer.
  • Conscience (professionnelle). Scrupuleuse honnêteté que l'on apporte à l'exécution de son travail, inspirée par le sens des exigences de sa profession accompagné de la volonté de s'en acquitter au mieux quelles que soient les difficultés.
  • Cas de conscience. Difficulté créée par une situation ambiguë où la conscience hésite à se déterminer dans un sens précis faute d'une prescription religieuse à laquelle se référer dans un tel cas.
Responsabilité :
  • Définition : Fait d'être responsable, de devoir répondre de ses actes ou de ceux de quelqu'un d'autre, ou d'avoir à sa charge des décisions. Synonyme : obligation.
  • «La personne responsable assume les conséquences de ses actes, qu’ils soient délibérés - c’est-à-dire résultant d’une décision prise ou acceptée - ou non, de telle manière que les autres en bénéficient au maximum ou, du moins, n’en souffrent pas. En même temps, elle fait en sorte que les autres se comportent de la même façon”.
  • Sens des responsabilités : Capacité de rencontrer ses obligations, de remplir ses devoirs et de porter les conséquences de ses actes.
  • La responsabilité morale consiste en une capacité pour un sujet volontaire et conscient de prendre une décision sans en référer au préalable à une autorité supérieure, à pouvoir donner les motifs de ses actes, et à être jugé sur eux.
Les élections municipales approchent et bien des maires sont près à tout pour être à nouveau élus. L'avantage du mariage pour tous est incontestable : qu'on soit pour ou contre ou que l'électorat soit pour ou contre (le candidat à la mairie adoptera celui de la majorité qui l'élira – c'est ce qu'on appelle un cas de conscience) la publicité est gratuite. C'est le moment de bâtir sa campagne électorale sans risquer d'avoir ses comptes rejetés par le Conseil Constitutionnel. C'est beau la démocratie !

« Votre morale n'est pas la mienne. Votre conscience n'est plus la mienne. »

(Albert Camus.)

mercredi 19 juin 2013

Le mariage pour tous.

« L’inutilité de toute discussion me paraît de plus en plus évidente. On ne discute pas pour arriver à la vérité, mais pour faire triompher son point de vue et pour exterminer son interlocuteur. On veut qu’il disparaisse, qu’il ne soit pas, qu’il succombe à l’humiliation et à la honte. »
(Julien Green)
« Le dialogue véritable suppose la reconnaissance de l'autre à la fois dans son identité et dans son altérité. »
(Proverbe africain)
« Le dialogue paraît en lui-même constituer une renonciation à l'agressivité. »
(Jacques Lacan)
Un printemps « français ».
Le mariage pour tous permet désormais légalement à des personnes de même sexe de s'unir devant monsieur le maire, de bénéficier des mêmes droits et d'avoir les mêmes devoirs que n'importe quel autre couple. Le Conseil Constitutionnel a déclaré cette loi conforme et le Président de la République l'a promulguée.
Mystérieusement, le chômage peut augmenter dans des proportions catastrophiques, les usines fermer les unes derrière les autres et flanquer des travailleurs à la rue, les impôts, les taxes et les prélèvements en tout genre peuvent se multiplier à l'infini, les durées de cotisation pour les retraites peuvent enfler d'année en année et l'Europe peut fixer des règles économiques abracadabrantesques aux États qui la constituent (pour reprendre une expression de Jacques Chirac) au risque de les précipiter dans la faillite, mais on ne peut pas s'aimer et s'unir car ça, c'est choquant.
Évidemment, on peut être pour ou contre le mariage pour tous (c'est ainsi qu'il s'appelle et non autrement, soit dit en passant). Chacun peut se faire sa propre opinion. Il est même possible de ne pas en avoir sans pourtant paraître se désintéresser du sujet. Le propos, poussé à l'extrême, débouche sur cette question, un classique de la philosophie : « doit-on avoir une opinion sur tout ? »
  • Si on est pour, la loi est votée et le problème est réglé. Il n'y a plus qu'à faire les démarches pour passer devant le maire si on est concerné.
  • Si on est contre, c'est simple, on ne se marie pas et les choses devraient s'arrêter là.
  • Si on ne sait pas, il vaut mieux laisser passer quelques semaines pour réfléchir plus sereinement. Il faut espérer que les choses s'apaiseront.
Or, si le mariage pour tous permet à deux hommes ou deux femmes de convoler en de justes noces, il est également le sujet de conversation préféré de personnes soi-disant bien pensantes qui déversent des sottises sur toutes les ondes alors qu'elles ne sont pas concernées et qu'elles ne se sont pas renseignées avant. Les thèmes abordés dans les discours, les défilés et autres protestations sont ceux-ci :
  • La famille, formée d'un papa et d'une maman, qui a l'avantage de nier l'existence des familles recomposées (ce qui n'est pas rare de nos jours) ou, mieux encore, les familles monoparentales (je citerai celles « qui ont fait un bébé toute seules » dont parle la chanson de Jean-Jacques Goldman).
    Je laisse volontairement de côté les familles composites constituées d'un être humain et d'un animal (un homme avec une truite ou une femme avec un babouin) qui est, selon le fantasme de quelques originaux de la manif pour tous, la suite logique au mariage pour tous.
  • L'enfant qu'on prétend vouloir préserver (de quoi et de qui?)
  • L'adoption, les mères porteuses et la fécondation in vitro, le tout dans un joyeux mélange où s'insèrent des actes interdits voire punis par la loi. (L'inceste, la pédophilie, l'euthanasie, l'eugénisme...)
  • Le point de vue de l’Église Catholique, par l'intermédiaire d'associations qui lui sont proches, celles-là même qui censurent des affiches, des films ou des livres qu'ils jugent choquants.
  • Le mot « mariage » qui a été un temps au centre de la polémique.
Ces différents sujets auraient dû être le point de départ de discussions passionnantes (et non passionnées) et de débats constructifs pour faire un point sur ce qu'on sait avec certitude et proposer de nouvelles définitions pour préparer l'avenir. Je rappelle que l'avenir se construit avec les idées du présent : il n'est donc pas une continuité ni une reproduction du passé auquel il ne faudrait rien changer. Au lieu de cela, les adversaires du mariage pour tous ont déversé tous les poncifs, clichés et stéréotypes possibles et même pas imaginables dans des propos qu'ils débitaient en boucle comme une leçon apprise par cœur mais qui n'aurait pas été comprise. Mais ont-ils seulement envie de comprendre un sujet qu'ils n'admettent pas au départ ?
Si le futur se bâtit à partir des éléments du présent, le passé permet de décrypter le présent. Un opuscule d'Arthur Schopenhauer, philosophe allemand du XIXème siècle, intitulé « l'art de toujours avoir raison », explique que dans une discussion, le plus important n'est pas de mettre en évidence des vérités mais, tout simplement, d'avoir raison, mieux d'imposer son point de vue. Il donne ensuite des recettes pour parvenir à ces fins. L'ultime stratagème est celui-ci :
« Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est. »
Dans un autre ouvrage, « l'art de l'insulte », Schopenhauer explique comment imposer son point de vue au forceps lorsque toutes les méthodes dialectiques ont été vaines ou qu'elles ne suffisent pas.
« Lorsque l’insulteur a été grossier, il faut être encore plus grossier. Si les invectives ne font plus d’effet, il faut y aller à bras raccourcis, mais là aussi il y a une gradation pour sauver l’honneur : les gifles se soignent par des coups de bâton, ceux-ci par des coups de cravache. Contre ces derniers mêmes, certains recommandent les crachats, pour voir. C’est seulement lorsque ces moyens arrivent trop tard qu’il faut recourir sans hésiter à des opérations sanglantes. »
Je doute fort que les manifestants anti mariage pour tous aient lu ces deux ouvrages mais ils en ont adopté les méthodes les moins subtiles. Quelqu'un tirerait-il les ficelles en arrière plan ? Sans vouloir être conspirationniste ou « parano » comme disent les jeunes, je serais prêt à le croire.
Aristote a dit que « le rire est le propre de l'homme » j'ajouterai que le ridicule n'est jamais bien loin car ce qui caractérise les « anti-mariage gay », contrairement à ce qu'on pourrait attendre, ce ne sont pas des arguments solides mais des actions spectaculaires et tapageuses. J'en ai relevé quelques unes dans la presse quotidienne :
  • La permanence du rapporteur socialiste de la loi a été vandalisée.
  • Après avoir célébré le premier mariage pour tous, la maire de Montpellier reçoit un colis contenant des excréments.
  • Les « anti-mariage gay » comptent faire du Tour de France une vitrine médiatique.
  • La finale de Roland-Garros 2013 a été perturbée par des opposants au mariage pour tous.
Dans un pays civilisé comme la France, dont la culture riche et vaste va puiser ses sources dans les civilisations grecques et latines, à qui nous devons la démocratie et le droit romain (ancêtre vivace de notre Code Civil), les civilisations islamo-musulmanes, qui ont complété nos connaissances en mathématiques, en astronomie et en médecine, ainsi que le monde judéo-chrétien, dont Jésus est le personnage central, on aimerait côtoyer l'intelligence plutôt que la sottise. Dans notre histoire littéraire, les siècles passés nous ont donné Voltaire, Rousseau, Descartes, Montaigne, Montesquieu puis Balzac, Flaubert, Zola (la liste n'est pas exhaustive). Tous ces noms qui ont fait et font toujours la gloire de l'esprit français pour en arriver à Frigide Barjot. Là, moi je dis stop !
En France, le pays des lumières (il a été montré plus haut qu'elles étaient désormais éteintes), il ne se passe plus rien sans que quelqu'un casse. Après un match de foot victorieux, on casse. Pour le nouvel an, on casse. Le casseur est le causeur moderne. Quand on n'a rien à dire de sensé, on se tait mais on ne casse pas tout. C'est donner raison à Bertold Brecht qui disait que « La violence est l'intelligence des imbéciles ». C'est également un bel exemple que les anciens donnent aux jeunes (à tous les jeunes : leurs propres enfants et ceux des quartiers socialement moins favorisés). Lorsque ce sont les jeunes des banlieues qui cassent, on parle de sauvageons, de bandes organisées, de terroristes. Quand ce sont les bourgeois catholiques, tout est différent : c'est une lutte contre un déni de démocratie ou une de ces raisons étranges entendue au journal télévisé et qui feront réfléchir les casseurs des banlieues la prochaine fois qu'il voudront se friter avec la police. Est-ce cela qu'on appelle l'éducation ?
Le mariage pour tous est un beau prétexte qui permet à des personnalités de tous les horizons de s'illustrer de façon fort étonnante, souvent avec une logique qui leur est propre et qui n'a rien de mathématique :
« Christine Boutin n’est pas avare d’opinions sur le «mariage pour tous» mais n’aime pas qu’on parle du sien. La présidente du Parti chrétien démocrate a indiqué ce mercredi midi sur Europe 1 qu’elle «traduirait en justice» «tous ceux qui [l’]attaqueront» sur le fait qu’elle a épousé son cousin germain. »
Un syllogisme peut être déduit de cet article de presse extrait du site 20minutes.fr :
  • Christine Boutin va traduire en justice ceux qui évoquent son mariage avec son cousin germain.
  • Christine Boutin a parlé de son propre mariage dans la presse.
  • Christine Boutin va donc porter plainte contre elle-même. Qui va gagner ?
Sur son site http://www.maisonroyaledefrance.fr/ Henri d'Orléans, descendant du roi Louis-Philippe et actuel prétendant au trône (en concurrence avec Louis XX, son cousin espagnol) s'est, lui aussi, exprimé sur le mariage pour tous.
« Après le vote du mariage pour tous, les sanctions contre les objecteurs, accrochés à la réalité de l'homme et de la nature, risquent de fondre pour sanctionner les Maires qui ont encore une conscience. Car par delà plane l'immense problème des enfants dont on programme déjà la naissance artificielle par tierce personne, ou encore la destruction "in utero" des embryons défectueux. Car bien évidement ces nouveaux couples sont par nature improductifs. Le marché de ces nouveaux "nounours" que l'on achète pour le plaisir, en grande partie, et dont un jour on n'aura, peut être, plus envie peut tourner au drame. Ces "nounours" seront-ils jetables à la poubelle comme les chats ou les chiens dont on veut se débarrasser après les fêtes de Noël et du jour de l'An? »
(Henri d'Orléans.)
Ce paragraphe, inséré dans un long texte qui ne manque pourtant pas d'intérêt, mérite quelques rappels et commentaires :
Le rôle et les devoirs du maire.
  • Le maire est à la fois représentant de l’État et agent de la commune.
  • Représentant de l’État, il est chargé de l'exécution des lois et règlements sur le territoire de la commune sous le contrôle du préfet.
  • Il a la qualité d'officier de police judiciaire et celle d'officier d'état civil (célébration des mariages, enregistrement des déclarations de naissance, décès..).Le maire est notamment chargé de la police municipale.
  • Il doit assurer "la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ".
  • Il exécute les décisions du conseil municipal (qui règle par ses délibérations les affaires de la commune, vote le budget communal et contrôle l'administration du maire) sous le contrôle administratif du préfet.
Le maire a effectivement deux aspects qui peuvent paraître contradictoires :
  1. Il y a celui qui fait campagne autour de thèmes sur lesquels il souhaite rassembler les électeurs en vue de son élection (thèmes qui peuvent évoquer le mariage pour tous, le fait qu'il soit pour ou qu'il soit contre, arguments à l'appui ou non). Celui-là est doté d'une conscience (politique, sociale, religieuse...)
  2. Il y a le représentant de l’État et, comme le stipule la loi, il est chargé de l'exécution de la loi et des règlements sur le territoire de sa commune. Ce principe n'est pas une nouveauté de la République, il existait déjà bien avant la Révolution. Et quand bien même le Chef de l’État serait un Roi de France, un Empereur des Français ou encore un Maréchal sénile, cela ne changerait rien : ceux qui sont chargés d'appliquer la loi le font par devoir et non en conscience.
Le mariage selon la loi.
Pour ce qui concerne le mariage, l'éducation des enfants, les droits et les devoirs des époux, voici ce que disaient les articles du Code Civil avant le vote de la loi sur le mariage pour tous.
« Art 212 : Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance.
Art 213 : Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille, ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir.
Art 214 : Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives.
Art 215 : Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie.
Art 371-1 : L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux parents jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. »
Henri d'Orléans a de fort curieuses conceptions du couple, du mariage et des homosexuels. Comme quoi, on peut être héritier de plus de mille années d'histoire, avoir tous les rois de France pour ancêtre et affirmer gratuitement des choses qui reposent sur du vent et du ouï-dire.
Les couples improductifs.
  • Cette expression fait froid dans le dos car elle suppose qu'un couple est fait pour produire : les hommes féconder les œufs et les femmes pondre. Et qui dit produire pense rentabilité. Le maire et le prêtre seraient, dans ce cas, les managers et la famille les actionnaires. Vu l'état de l'industrie dans notre pays et la facilité que nos dirigeants ont à laisser filer à l'étranger tout ce qui est destiné à la production, il vaut mieux ne pas imaginer ce que deviendrait la population dans cinquante ans.
  • Si un couple se marie pour « produire » une progéniture, que se passe-t-il en cas de stérilité de l'un des époux ? Il ne peuvent pas adopter puisque, comme il l'a été dit dans les manifs pour tous, la nature n'a pas voulu qu'ils aient des enfants. De plus, s'ils sont improductifs, comme c'est le cas pour les couples de même sexe, il ne peuvent pas se marier non plus. En conclusion, personne ne pourrait plus se marier sans prouver au préalable être fécond. Ceci élimine du mariage les femmes au delà d'un certain âge (après la ménopause).
  • Le cas suivant pourrait également être étudié : que faire lorsqu'un couple, répondant aux exigences décrites au paragraphe précédent, est marié mais n'a pas eu d'enfants. Doit-on d'autorité dissoudre leur mariage ? Au bout de combien de temps ?
C'est là qu'on s'aperçoit qu'on ne peut pas ramener un enfant à un simple produit manufacturé, fut-il un sympathique « nounours » comme celui de notre jeunesse, ni considérer les couples comme des reproducteurs ou des géniteurs.
Les « nounours » jetables.
  • Supposer qu'un couple formé de deux personnes de même sexe envisage l'adoption d'un enfant comme l'achat d'un ours en peluche est non seulement stupide mais aussi méprisant et insultant. Ces propos injurieux font passer des êtres qui s'aiment et qui veulent avoir des enfants pour des monstres incapables d'aimer.
  • Comparer des enfants à des « nounours » est déjà choquant, assimiler ce même « nounours » à un chat ou un chien dont on souhaite se débarrasser après les fêtes de Noël (la fête des enfants par excellence, à commencer par celle de l'enfant Jésus) est une abjection sans nom. Les mots du duc d'Orléans en disent plus que tous les commentaires qu'on pourrait en faire.
Je suis curieux de connaître les études scientifiques qui ont permis à ce monsieur de proférer de tels propos. Peut-être a-t-il puisé dans son entourage, ses connaissances ou ses relations la preuve de ce qu'il avance. Dans ce cas, monsieur le duc est bien mal entouré : il serait temps de faire le ménage dans ses contacts. Pourquoi ne pas carrément changer d'opérateur ? Oublier les idées monarchistes qui font rire tout le monde et proposer un projet de « Démocratie avec implication du Citoyen ». La République, la Nation et le Peuple de France pourraient dans ce cas avoir recours à lui avec le sentiment de construire l'avenir en commun. Certains dorment sur leurs lauriers, lui ressasse des souvenirs qui ne sont même pas les siens.
Henri d'Orléans n'est malheureusement pas le seul à diffuser ses opinions hâtives : d'autres personnes, célèbres ou anonymes, dans les cortèges où on exige l'abrogation de la loi Taubira, prennent tout simplement leur fantasmes pour des réalités. Avec un soupçon de politique et deux doigts de religion les propos finissent par prendre des proportions ahurissantes. N'oublions pas qu'au départ, il était simplement question de donner à deux personnes qui s'aiment la possibilité de fonder un foyer.
Commençons par les histoires de famille :
  • Les opposants prétendent que le mariage pour tous va détruire la famille.
  • Face à cette affirmation, voici la réponse de ceux qui sont pour :
« Si les couples homosexuels veulent accéder au mariage, c’est non seulement pour la reconnaissance par l’État de la validité de leur amour et des engagements que le mariage civil implique, mais également pour leur souhait de fonder une famille, comme les autres, et de la voir reconnue, et protégée. Il ne s’agit pas de « détruire la famille » mais bien de reconnaître qu’à l’aube du XXIe siècle, à l’heure où plus de 50% des enfants naissent hors mariage, il n’y a plus un seul modèle de famille, mais plusieurs, et que cette diversité nous enrichit. »
Petite remarque en passant : lorsque deux personnes ou assemblées de personnes disent le contraire l'une de l'autre, il y en a au moins une des deux qui se plante. Reste à savoir laquelle.
Ensuite, viennent les enfants qu'il faut protéger :
  • Les opposants disent qu'il y a un risque de déséquilibre pour les enfants si les deux parents sont du même sexe.
  • En face, voici ce que dit Michel Huyette, conseiller à la cour d'appel de Toulouse et ancien juge des enfants, sur le site lepoint.fr :
« L'hétérosexualité est tout sauf une garantie de bien-être pour les enfants. Les couples d'homosexuels ne sont a priori ni de pires ni de "meilleurs" parents que les hétérosexuels, tant sur les plans de l'éducation, de la transmission des valeurs et de l'amour. Le bien-être des enfants, argument souvent mis en avant contre le mariage de personnes de même sexe, n'est pas un argument pertinent. L'institution judiciaire constate tous les jours que les enfants, dans les familles ordinaires, c'est-à-dire constituées d'enfants grandissant auprès de parents hétérosexuels, sont bien plus souvent malmenés que ce que l'on voudrait nous faire croire. Présenter la famille classique comme une garantie de paix et d'harmonie est une véritable supercherie, tant la réalité est contraire. »
« Y a des gens qui ont des enfants parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’offrir un chien. » disait Coluche.
Enfin vient l'Eglise Catholique.
Ces quelques citations peuvent résumer l'état d'esprit qui y règne :
« Le gros problème des catholiques, c'est qu'ils font des tas de conneries, mais ils mettent deux siècles à réagir. »
(Christophe Alévèque)
« Puisque le fatras biblique suffit à toute science, l’Église passe à côté de toutes les découvertes majeures effectuées pendant les dix siècles où la poussée de l'intelligence est contenue mais pas stoppée par les autorités catholiques, apostoliques et romaines. Le progrès s'effectue grâce à des individus rebelles, des chercheurs déterminés, des scientifiques privilégiant la raison aux croyances de la foi. Mais si l'on examine un peu les réactions de l’Église face aux découvertes scientifiques sur les mille dernières années, on demeure stupéfait des ratages accumulés !. »
(Michel Onfray, Traité d'athéologie)
« La religion catholique a considérablement réduit le champ de la sexualité acceptable, et a transformé en faute morale, en péché, de nombreux comportements que la société laïque considère comme non répréhensibles à partir du moment où les règles fondamentales du pacte social sont respectées : être entre adultes consentants, et tenir compte de la liberté d'autrui. »
(lu sur le site sexodoc.fr)
Rappel :
« La loi de séparation des Églises et de l'État est une loi adoptée le 9 décembre 1905 à l'initiative du député socialiste Aristide Briand, qui prend parti en faveur d’une laïcité sans excès. Elle est avant tout un acte fondateur dans l'affrontement violent qui a opposé deux conceptions sur la place des Églises dans la société française pendant presque vingt-cinq ans. »
(Wikipedia)
L’Église Catholique (Apostolique et Romaine) n'est pas un vecteur de progrès, c'est le moins que l'on puisse dire (les citations suivantes sont extraites du Catéchisme de l'Eglise Catholique http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_INDEX.HTM ) :
Le divorce.
« Nombreux sont aujourd’hui, dans bien des pays, les catholiques qui ont recours au divorce selon les lois civiles et qui contractent civilement une nouvelle union. L’Église maintient, par fidélité à la parole de Jésus Christ qu’elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le premier mariage l’était. Si les divorcés sont remariés civilement, ils se trouvent dans une situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu. Dès lors ils ne peuvent pas accéder à la communion eucharistique, aussi longtemps que persiste cette situation. Pour la même raison ils ne peuvent pas exercer certaines responsabilités ecclésiales. La réconciliation par le sacrement de pénitence ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et se sont engagés à vivre dans une continence complète. »
La contraception.
« La continence périodique, les méthodes de régulation des naissances fondées sur l’auto-observation et le recours aux périodes infécondes (cf. HV 16) sont conformes aux critères objectifs de la moralité. Ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l’éducation d’une liberté authentique. En revanche, est intrinsèquement mauvaise " toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation " »
L'I.V.G.
« Depuis le premier siècle, l’Église a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n’a pas changé. Il demeure invariable. L’avortement direct, c’est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale .
La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L’Église sanctionne d’une peine canonique d’excommunication ce délit contre la vie humaine. " Qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latæ sententiæ par le fait même de la commission du délit et aux conditions prévues par le Droit. L’Église n’entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l’innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société. »
Le P.A.C.S et enfin le mariage pour tous.
« L’adultère et le divorce, la polygamie et l’union libre sont des offenses graves à la dignité du mariage. »
L'homosexualité.
« L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ". Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.
Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.
Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne. »
Mon commentaire sera simple : n'est-ce pas Jésus qui a dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ? A moins que l’Église ne se réclame plus de lui... Sait-on jamais.
Alfred Korzybski, fondateur de la Sémantique Générale, est l'auteur de cet aphorisme :
« La carte n'est pas le territoire »
Dans le même ordre d'idée, il est possible d'en forger d'autres, comme ceux-ci :
« La religion n'est pas Dieu »
« La France n'est plus la fille aînée de l’Église. »
Pour conclure :
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. »
(Article premier de la Constitution de la Cinquième République)